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REVUE

ET MAGASIN

DE ZOOLOGIE

PURE ET APPLIQUÉE

ET DE

SÉRICICULTURE COMPARÉE

RECUEIL MENSUEL

DESTINÉ A FACILITER AUX SAVANTS DE TOCS LES PATS LES MOYENS DE PUBLIBR LEURS OBSERVATIONS DE ZOOLOGIE PURE ET APPLIQUEE

a l'industrie et a l'agriculture, LEURS TRAVAUX DE

PALÉONTOLOGIE, d'aNATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE

COMPARÉES, ET A LES TENIR AU COURANT

DES NOUVELLES DÉCOUVERTES ET DES

PROGRÈS DE LA SCIENCE;

PAR

M. F. E. GUÉRIN-MÉNEVILLE,

Membre de la Légion d'honneur,

de l'ordre brésilien de la Hose, de l'ordre portugais du Christ, officier de l'ordre hollandais

de la Couronne de chêne, Président de la Société protectrice des animaux,

Membre de la Société impériale et centrale d'Agriculture,

des Académies royales des Sciences

de Madrid, de Lisbonne et de Turin, de l'Académie royale d'Agriculture

de Turin, de la Société impériale des naturalistes de Moscou,

d'un grand nombre d'autres Sociétés nationales

et étrangères, etc., etc., etc.

2e SÉRIE. T. XX. 1868.

PARIS,

AU BUREAU DE LA REVUE ET MAGASIN DE ZOOLOGIE RUE BONAPARTE, 31.

\ \

TRENTE ET UNIÈME ANNÉE. JANVIER 1868.

I. TRAVAUX INEDITS.

Notes sur les mammifères et les oiseaux observés à Madagascar, de 1865 à 1867, par Alfred Grandidier. (Suite. Voir 1867, p. 313, 353 et 417.)

Oiseaux.

116. Platalea tenuirostris (Temm.). Syn. P. Telfairi (Vig.)

Iris blanc. Peau nue rouge. Bec rouge, rayé longitudi- nalement de verdâtre. De la côte sud-ouest.

117. Ibis religiosa (Sav.).

Ces Ibis se trouvent en bande dans toute l'île. Variété a Bernieri (Bp.).

Iris blanc. Tarses noirs. Delà côte sud-ouest (Mou- roundava).

Plus petite que la précédente, elle se distingue par les papilles du cou, et par le blanc pur des rémiges qui, chez la première, sont toujours, quel que soit le sexe, et dans le jeune comme dans l'adulte, terminées de noir. Bec très-petit (0m,13). Dans deux spécimens I. Bernieri, j'ai cependant trouvé des traces de coloration noire à l'extrémité de deux ou trois grandes pennes.

118. Ibis cristata (Gm.). Noms betsimsaraks : Akohou- ala, Akohou-vouhitse ou Lampiiana.

k rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1868.)

Peau nue périophthalmique et tarses d'un beau rouge foncé. Bec vert.

Ce bel oiseau se trouve dans les bois marécageux.

119. Ibis falcinellus (Gm.). Syn. Falcinellus peregrinus (Mull.).

Iris brun. Tarses noirâtres. Du pays des Antanosses émigrés, et de la côte ouest.

120. Numenius madagascariensis (Briss.).

121. Numenius phœopus (Lin.). Syn. IV. uropygialis (Gould).

122. Tringoides hypolcucos (Lin.).

123. Ilimantopus candidus (Bonn.). Syn. Himantopus minor (Natt.).

Tarses d'un beau rose. De la côte sud-ouest.

12V. Gallinago Bcrnieri (Pucher.), Rev. zool., 1845.

125. Iiynchœa capensis (Lin.).

Iris brun foncé. Tarses gris verdâtre. De la côte nord-est.

126. Parra albinucha (Geoffr.). Nom betsimsarak : Soumananani. Des côtes nord-est, nord-ouest et sud- ouest.

127. Parra africana (Gm.). De la côte nord-ouest.

128. Rallus madagascariensis (J. Verr.). Syn. Biensii typus (Pucher.). Nom betsimsarak : Tsikosa. De la côte nord-est.

129. Rallus Bernieri (Bp.). Nom betsimsarak : Tsi- kosa.

Iris rouge brique. Des côtes nord-est, nord-ouest et sud-ouest.

130. Porzana kioloides (Pucher.). Syn. Canirallus Itio- loides (Bp.). De la côte nord-ouest.

TRAVAUX INEDITS. 5

131. Porphyrio madagascaricnsis (Gm.). Nom mal- gache : ïaleva.

Iris et tarses rouges. Commun dans tous les marais.

132. Gallinula chloropus var. pyrrhorrhoa (Ed. Newton). Nom betsimsarak : Houitiki.

Iris brun. Tarses d'un jaune vert.

Cette variété diffère de notre poule d'eau commune par la couleur des sous-caudales qui tirent au jaune roux.

133. Phœnicopterus erythrœus (J. Verr.). De la côte sud-ouest.

Ce flamant est différent du P. antiquorum. M. J. Ver- reaux a eu deux mâles en noces dont le plumage rouge vif était comparable à celui du P. ruber d'Amérique.

134. Anas boschas (?) var. Melleri (Sclater).

Je n'ai eu que des femelles entre les mains ; je ne crois pas cette espèce nouvelle pour la science.

135. Sarkidiornis af 'ricana (Ey Ion). Nom betsimsa- rak : Cabouke ; nom sakalave : Angoungo.

136. Nettapus auritus (Bodd.). Nom betsimsarak : Vourounkoué.

Iris brun. Tarses noirs. Bec d'un jaune d'or.

137. Querguedula gibberifrons (S. Mùll.). Syn. Q. Ber- nieri (Verr.). Nom sakalave : Hake.

Iris brun. Tarses d'un gris rosé. De la côte sud-ouest (Mouroundava).

138. Querguedula liottenlota (Smith). Nom sakalave : Soua-fifi.

Iris brun. Tarses noirs. De la côte sud-ouest (Mou- roundava).

139. Dafila erythrorhyncha (Gm.).— Nom betsimsarak: Rahak.

6 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1868.)

Iris noisette. Tarses d'un gris ardoise. Bec d'un rouge foncé à arête noire. De la côte nord-est.

140. Dendrocxjgna viduata (Lin.). Nom betsimsarak : Tsiriri. Commune par toute l'île.

141. Dendrocygna arcuata var. af ricana (Bp.). Nom betsimsarak : Tahiya.

Iris brun. Tarses gris perle.

142. Thalassornis leuconota (Gm.). Nom betsimsarak: Ménamoulti ; nom sakalave : Mahéré-loha.

Iris brun : Tarses gris ardoise foncé.

143. Podiceps Pelzelni (Hartl.).

Iris rougeâtre. Tarses verdàtres. De la côte sud-ouest (Mouroundava).

L'adulte a le sommet de la tête et la nuque d'un beau noir à reflets verts, les joues, le menton et la gorge d'un blanc soyeux, les côtés du cou d'un roux foncé, la poi- trine d'un beau noir. Le jeune oiseau a le sommet de la tête noirâtre, les côtés du cou d'un roux clair, la gorge grise et la poitrine d'un brun cendré.

144. Dromas ardeola (Payk.). De la côte sud-ouest

145. Stcrna af finis (S\v.). De la côte nord-est.

146. Sterna galericulata (Licht.). De la côte nord- ouest.

147. Sterna panayensis (Gm.). De la côte nord-ouest.

148. Phaeton phœnicurus (Lin.). De la côte sud (Fort- Dauphin).

149. Haliœus africanus (Gm.). Nom betsimsarak : Vourounvoué.

Iris rouge brique. Tarses noirs. De la côte nord-est.

150. Plotus melanogasler (Gm.). De la côte sud- ouest.

De ces 150 oiseaux dont l'existence, à Madagascar, est

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certaine, il y en a 94 qui sont indigènes à cette grande île. Sauf quelques oiseaux de haut vol, tous les autressont propres à la faune de ce curieux pays. Je ne sache pas qu'on trouve ailleurs une pareille proportion qui ne peut, d'ailleurs, que s'accroître par les découvertes successives auxquelles donnent lieu, chaque jour, les explorations scientifiques dont cette île est le théâtre.

Mémoire sur un Psittacien fossile de l'île Roderigues; par M. Alph. Milne-Edwards.

A une époque peu éloignée de nous il existait, dans plusieurs îles de l'hémisphère sud, des oiseaux apparte- nant à des espèces qui, aujourd'hui, paraissent être com- plètement éteintes; tels sont l'Épiornys de Madagascar, le Drontede l'île Maurice, et le Solitaire de l'île de Rode- rigues. Les découvertes récentes, dues à M. Clark, ont permis aux naturalistes d'étudier d'une manière appro- fondie l'organisation et les caractères zoologiques du Dronte. Par l'examen d'une mandibule inférieure, trouvée dans le même gisement que ce dernier oiseau, on a pu constater que jadis l'île Maurice était habitée par un Psit- tacien différent de toutes les espèces de la même famille connues actuellement, et les recherches, faites l'année dernière dans les cavernes de l'île Roderigues, ont fourni à M. E. Newton, auditeur général à Maurice, de nombreux ossements du Solitaire [Pezophaps), à l'aide desquels ce voyageur et son frère, M. A. Newton, professeur à l'uni- versité de Cambridge, nous feront bientôt connaître avec détail presque toutes les parties du squelette de cet oiseau remarquable. Les débris du Solitaire ne sont pas les seules pièces ostéologiques que ces fouilles ont mises au jour, et parmi les os tirés ainsi des terrains meubles de l'île de Roderigues se trouve un fragment de mandibule que le

8 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1 868.)

savant professeur d'anatomie comparée de Cambridge a bien voulu mettre à ma disposition, et que j'ai étudié avec beaucoup d'intérêt. En effet, il était facile de reconnaître au premier coupd'œil que ce débris, de même que la mandibule inférieure trouvée à Maurice avec les osse- ments du Dronte , appartient à un Perroquet, genre d'oiseau qui paraît ne plus exister à lloderigues, et j'étais désireux de savoir s'il me serait possible de déterminer le sous-genre ou même l'espèce de Psittacien dont il prove- nait. Cela me semblait fort douteux, car le fragment unique trouvé par M. Newton ne consiste que dans une portion de la mandibule supérieure, et d'ailleurs, dans l'état actuel de la science, l'anatomie comparée ne nous fournit pas les lumières nécessaires pour juger de la va- leur des caractères ostéologiques que ce débris pouvait présenter. J'ai pensé, néanmoins, que je ne devais pas négliger l'occasion qui m'était offerte par M. Newton de scruter une question importante pour l'ornithologie an- cienne, et je crois être arrivé à des résultats satisfai- sants.

Dans cette investigation,j 'ai suivi la marche que j'avais déjà adoptée pour l'étude de la mâchoire inférieure du Psittacus Mauritianus, c'est-à-dire que j'ai cherché d'a- bord à me rendre bien compte des particularités de struc- ture que la partie correspondante de la tête osseuse offre dans les différentes divisions naturelles de la famille des Psittaciens, puis j'ai comparé à ces divers types le frag- ment soumis à mon examen par M. Newton.

La portion antérieure et moyenne de la mandibule su- périeure de ces oiseaux fournit moins de caractères que ne m'en avait offert la partie correspondante de leur mâ- choire inférieure ; elle peut cependant suffire pour la dé- termination des principaux types. Ainsi j'ai constaté que la disposition de l'articulation maxillo-palatine présente, chez ces divers types, des particularités fort tranchées et fort utiles à noter dans les recherches de cet ordre; les ca-

TRAVAUX INÉDITS. 9

ractères que l'on en tire ont une grande fixité et me sem- blent avoir plus d'importance que tout autre.

Pour ne pas abuser de l'attention que l'Académie veut bien m'accorder, je ne décrirai pas ici les particularités ostéologiques propres au genre Cacatoès, Calyptorhynque, Ara, Chrysotis, Eclectus,Conurus, Nestor, Microglosse,etc. Je me bornerai à dire que, chez ces Psittaciens, les diffé- rences de conformation que l'on constate dans la portion de la tête correspondant au fragment découvert par M. Newton, dans une caverne de l'île Roderigues, sont assez considérables pour pouvoir servir comme caractères génériques et même spécifiques. Par conséquent, sans pousser plus loin cet examen général de la famille des Psittaciens, je me suis appliqué à comparer le débris dont je cherchais la détermination aux principales espèces vi- vant aujourd'hui dans la région géographique qui com- prend l'îlot ce fossile a été trouvé. Or il résulte de cette comparaison que le Perroquet de Roderigues n'ap- partient certainement pas au groupe naturel des Caca- toès ; il est non moins distinct des Calyptorhynques, des Nestors et des Microglosses ; par l'ensemble de ses carac- tères ostéologiques connus, il ressemble davantage au Psittacus erythacus de l'Afrique occidentale, au Poiocephn- lus robustus du cap de Bonne-Espérance, au Mascarinus, et au Coracopsis vasa de Madagascar, mais il s'en distin- gue nettement par certaines particularités de structure. J'ai comparé également le Psittacus Roderkanus à beau- coup d'autres espèces, et par voie d'exclusion j'ai acquis la conviction que cet oiseau diffère spécifiquement detous les membres de la famille des Perroquets connus actuel- lement. Pour avoir à cet égard une certitude, il m'aurait fallu pousser cette comparaison plus loin que je ne l'ai pu faire avec les pièces ostéologiques dont je disposais; mais j'ai eu sous les yeux tous les principaux types, et les ré- sultats obtenus de la sorte rendent extrêmement probable que le Psittacus Rodericanus, de même que le Psittacus

10 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1868.)

Mauritianus de l'île Maurice, est une espèce éteinte.

Le Psittacus Mauritianus n'est connu que par un frag- ment de sa mâchoire intérieure, et on ne possède du Psit- tacus Rodericanus qu'une portion de la mandibule supé- rieure. Ces deux espèces n'ont pu, par conséquent, être comparées directement entre elles; mais l'examen de la mâchoire inférieure permet de déterminer approximative- ment quelle devait être la conformation de la mâchoire opposée, et il me semble indubitable que les deux Perro- quets dont les débris ont été trouvés, d'une part, avec les os du Dronie, d'autre part avec les restes du Solitaire, sont des espèces parfaitement distinctes.

Le Psiltacus Rodericanus me paraît devoir appartenir au petit groupe dont Wagler a formé le genre Eckctus, ou tout au moins s'en rapproche beaucoup, et par consé- quent prendre place dans la division des Loris; si je ne craignais de dépasser les conclusions légitimes que l'on peut tirer de l'examen d'un fragment si minime du sque- lette, je serais donc disposé à inscrire cette espèce éteinte dans nos catalogues ornithologiques sous le nom à1 Eckc- tus Rodericanus, mais provisoirement je crois préférable d'employer une désignation moins précise ; et, en l'appe- lant Psittacus Rodcricaiius, j'entends indiquer seulement que le Psiltacus des cavernes de l'île Roderigues est une espèce nouvelle.

Roderigues, comme on le sait, est un petit îlot perdu pour ainsi dire au milieu de l'immense Océan qui sépare Madagascar de l'Australie. Il appartient au groupe des îles Mascareignes ; mais, situé à l'est de Maurice et de l'île de la Réunion, il est très-éloigné de toute autre terre. Au premier abord on peut donc s'étonner de voir qu'il ait possédé jadis une faune ornithologique particulière carac- térisée déjà par le Solitaire, aussi bien que par le Psitta- cus Rodericanus, et que cette faune ait disparu.

A une époque très-rapprochée de nous, environ un siècle et demi, il en était de même pour chacune des

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autres îles Mascareignes, et les oiseaux qui alors habi- taient ces points du globe si circonscrits et si isolés diffé- raient spécifiquement ou mêmegénériquementde ceux de Madagascar et de toutes les autres parties du globe. On ne peut donc supposer que ces animaux leur seraient ve- nus d'ailleurs; mais, lorsqu'on est familiarisé avec le mode de distribution des espèces zoologiques, il paraît égale- ment difficile de croire que des îles si petites, et en appa- rence si peu favorables à la prospérité de leurs faunes respectives, aient été chacune le berceau primitif de ces espèces si bien caractérisées et si différentes de tout ce qui existe ailleurs. 11 me semble plus probable que chacun des cônes volcaniques qui constituent le noyau de ces îles éparses dans le grand Océan, au lieu de s'être élevé du fond des eaux, préexistait à l'abaissement de terres d'une étendue considérable, et ont servi de dernier refuge à la population zoologique de la région circonvoisine aujour- d'hui submergée. Des considérations analogues, fondées sur l'étude de la faune carcinologique des îles Gallapa- gos, avaient conduit M.Milne-Edwardsà dire, il y a plus de trente ans, que ce petit archipel était probablement les restes de quelque continent, et les observations plus récentes de M. Darwin et de M. Dana sur le mode de for- mation des récifs de corail semblent indiquer qu'effective- ment la croûte solide du globe s'est affaissée graduel- lement dans diverses parties de la région occupée aujourd'hui par l'océan Pacifique. II en résulte que l'étude des débris plus ou moins modernes de la faune de cha- cune des îles isolées comme le sont Roderigues, Maurice, la Réunion, les Gallapagos, me semble offrir un intérêt considérable pour le géologue aussi bien que pour le zoo- logiste, et je remercie sincèrement le savant professeur d'anatomie de Cambridge d'avoir bien voulu me fournir l'occasion d'ajouter à l'histoire de l'une de ces faunes un fait nouveau.

§ ll.-De

12 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1868.)

Archives malacologiques, par M. Jules Mabille. Suite. Voir 1867, p. 53.

quelques espèces du groupe des Hélix serpentina et muralis.

Nous n'avons pas l'intention de décrire ici toutes les espèces de ces groupes : cette notice a seulement pour but de faire connaître un certain nombre de formes mé- connues ou encore inédites, de délimiter d'une manière certaine les coquilles auxquelles il convient de donner ces noms de serpentina et de muralis, et de jeter ainsi un peu de jour dans la synonymie de ces mollusques.

Si l'on consulte les auteurs, si l'on examine attenti- vement les espèces qu'ils décrivent, il ressort de cet exa- men :

Que YHelix serpentina est spéciale à l'Italie méridio- nale, et qu'elle ne se trouve qu'accidentellement dans le nord de ce pays et en France, dans le département du Var;

Que Vllelix muralis n'existe pas chez nous, que la coquille décrite sous ce nom par nos auteurs est une es- pèce différente;

Que ces mêmes auteurs ont décrit et figuré, et presque toujours fort mal figuré, sous le nom de serpentina, soit Vllelix hospitans, soit la Magnettii, soit enfin ['isilensis.

On remarquera encore que les Hélix hospitans et isi- lensis sont spéciales à la Sardaigne et à la Corse méridio- nale ; que la Magnettii vit en Sardaigne, en Corse et sur quelques points de notre littoral.

Voici la synonymie et la description de ces espèces.

HELIX SERPENTINA.

Hélix serpentina, Férussac, Tabl. syst., p. 35, 1821, et

Hist. Moll., pi. xl, fig. 7.

On reconnaîtra la serpentina à son test déprimé, très- faiblement brillant, à stries presque effacées, à sa spire

TRAVAUX INÉDITS. 13

aplatie à peine convexe, forme qui rappelle parfaitement l'Hélix splendida, Drap.; à son dernier tour grand, large- ment développé; enfin à ses taches d'un brun rouge cou- vrant toute la surface de ia coquille.

Ainsi que nous l'avons dit plus haut, la synonymie de cette espèce est difficile à établir; aussi ne citerons-nous pas tous les auteurs qui en ont parlé. Parmi les Français, un seul, Michaud , l'a bien représentée : la figure 15 de la planche xiv de son Complément est fort bonne; celle donnée par Moquiu-Tandon , dans son Histoire des Mol- lusques de la France, est déplorable, elle représente une coquille imaginaire. Ce dernier auteur réunit, sous l'ap- pellation de serpentina, les Hélix hospitans et 3fagnettii; en outre, sa variété jaspidea nous semble constituer une espèce fort distincte, à laquelle on pourra conserver ce nom, Hélix jaspidea. La figure 239 de V Iconographie de Rossmâssler se rapporte à une variété minor de notre es- pèce ; la figure 240 représente Y Hélix hospitans, la figure 241 cette Hélix jaspidea.

deux HOSPITANS.

Hélix hospitans, Bonelli in Rossmâssler, Iconographie der

land und SusswasserMollusken, p. 26, pi. xvn, fig. 240, 1836.

Hélix carœ , Cantraine, Malacologie méditerr. et litt.,

p. 108, pi. v, fig. 7, 1840.

Hélix serpentina, var. hospitans, Moquin- Tandon , Hist. Moll. France, t. II, p. 145, 1855.

Testa imperforata, depressa, supra convexo-conoidea, infra sub- compressiuscula, tenera, fragili, non nitente, subopaca, eleganter coufertim striata, lulescente, et seriatim maculis fuscis ac nigrican- tibus undatis, ornata ; spira convexa, submamillata , sat elata ; apice olivaceo, striato, nitidulo, obtuso; anfractibus 5 couvexius- culis, regulariter crescentibus, sutura parum impressa separatis; ultimo niagno, subcompresso, rotuudato, ad aperturam regulariter

14 rev. et mag. de zoologie. [Janvier 1868.)

descendante; apertura obliqua, lunata, oblongo-rotundata, intus albo-ca;rulesceute; peristomate pallide roseo tincto, incrassato, levi- ter expanso ; margine columellari reflexiusculo, in loco umbilicali adpresso, castaneoque tincto. Diam., 21 mill.; haut., 10 à 12 mill.

Coquille imperforée, déprimée, aspire convexe presque conique, légèrement comprimée en dessous; mince, fra- gile, non brillante, à peine transparente, très-élégamment couverte de petites stries serrées, très-finement et obscu- rément chagrinée, jaunâtre, ornée, en dessus, de taches en zigzag brunes et noires, disposées en bandes et, en dessous, d'une bande large et interrompue; spire très-convexe ou convexe-conoïde, comme mamelonnée, olivâtre, striée, un peu brillante et obtuse ; cinq tours de spire à croissance régulière, séparés par une suture superficielle; le dernier, grand, un peu comprimé dans le sens de la hauteur et cependant arrondi, offre vers l'ouverture une descendance régulière. Ouverture oblique, échancrée, oblongue-ar- rondie, à gorge d'un blanc brillant teinté de bleuâtre. Péristome d'un blanc rosé, aigu, faiblement évasé, muni, à l'intérieur, d'un bourrelet peu saillant. Bordcolumellaire réfléchi et fortement comprimé, de couleur marron, ainsi que la région ombilicale; cette coloration est plus ou moins intense : dans quelques individus elle est peu appa- rente, mais dans aucun elle ne s'avance sur la paroi aper- turale.

L' Hélix hospitans a été recueillie en Sardaigne à Capo- terra et aux environs de Cagliari ; en Corse, à Bonifacio (Aucapitaine, Fabre!); à Porto-Vecchio (Paul Mabille!)

HELIX ISILENSIS.

Hélix isilensis, Villa, mss.

Testa imperforata, depressa, supra compressa, infra depresso- convexa, solida, opaca, nitente, subcostulato-striata, praesertim ad suturas, striis validis confertis, albido-grisea, ac subseriatim macu- lis castaneis fulguratis , marmorata ; spira subconvexo-depressa, parum elata; apice corueo-rufcscente, subla;vigato, nitidulo, ina-

TRAVAUX INÉDITS. 15

millato, obtuso. Anfractibus 5-5 1/2 sat convexis, celeritcr (primi leute, caîteri rapide) crescentibus, sutura impressa separatis; ultimo permagDO, compresso, rotundato, obscure earinato, ad aperturam nou deseendente. Apertura obliqua, luuata, late subrotuudato- ovata , intus albo-caerulescente; peristomate albescente, acuto, \ix expanso, incrassato, margine columellari in loco umbilicali subcom- presso, castaueo-tincto.— Diam., 20 à 21 mill.; haut., 10 à 11 mill.

Coquille imperforée , déprimée , à peine convexe en dessus, déprimée-convexe en dessous, solide, épaisse, opaque, luisante, couverte de stries serrées, assez appa- rentes, un peu fortes, surtout auprès de la suture, ornée de taches brunes disposées en zigzag et formant des bandes longitudinales confuses. Spire surbaissée, à peine convexe ; sommet corné rougeâtre, faiblement strié, bril- lant, mamelonné et obtus. Cinq tours de spire à crois- sance peu régulière : lente chez les premiers, elle devient très-rapide chez les suivants; le dernier, très-grand , fai- blement comprimé, arrondi, présente à son pourtour une carène obscure qui s'évanouit vers sa terminaison ; ce dernier ne descend pas vers l'ouverture, laquelle est large, obliquement ovale-anondie, échancrée, à gorge brillante, blanche, teintée de bleuâtre. Péristome blanchâtre, aigu, à peine évasé ; bord columellaire un peu comprimé vers l'ombilic, d'un brun roux, ainsi que la région ombilicale; cette même teinte recouvre en grande partie la paroi aperturale.

L'isilensis habite la Sardaigne (Villa!) et la Corse, à Bonifacio (Fabre!).

HELIX MAGNETTII.

Hélix Magnettii, Cantraine, Malacologie méditer, et littor., p. 108, 1840.

Hélix serpentina, Dupuy (non Férussac) , Hist. Moll. France,

p. 124, pi. iv, 1848 (excl. syn.).

Testa irnperforata, depresso-couvexa , supra couoidea vel com- presso-convexa, infra convexa, solida, opaca, uitidiuscula, coufertim

16 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1868.)

striata, grisea vel albido-lutescente, ac maculis nigris, castaneisque marmorata, subtus uni vel bifasciata; spira couoidea, quandoque subdepressa, convexa, sat elata; apice violaceo, macula rubra tiocto, oculo arruato, elegauter striato, nitidulo, obtuso;— anfractibus 5-5 1/2 subdeprcsso-convexis, regulariter cresceutibus, sutura impressa se- paratis, ultimo magno, rotundato vel compresso-rotuudato, regula- riter ae valde descendente, circa locum umbilicalem inflato;— apertura obliqua, lunata, ovato-rotuudata, intus alba, pallide ceeruleo vel roseo tincta-, peristomate subacuto, intus incrassato, subexpanso ; margine columellari compresso, in loco umbilicali valde adpresso, nigro- purpurascente maculato. Diam., '20 à 22mill.; haut., Il à 12 mill.

Coquille déprimée, imperforée, parfois déprimée-con- vexe, à spire assez élevée, conoïde ou surbaissée, un peu enflée en dessous, solide, opaque, un peu brillante, cou- verte de stries serrées, assez fines, peu régulières, grises ou blanc jaunâtre et ornées de taches noires et brunes, les premières disposées en bandes interrompues. Sommet d'un violet très-pâle, obtus, couvert , vu sous une forte loupe, de stries fines et serrées. Cinq tours de spire assez convexes, à croissance régulière, séparés par une suture bien marquée; le dernier grand, arrondi, descendant ré- gulièrement et assez rapidement vers l'ouverture, un peu renflé autour de l'ombilic. Ouverture oblique, échancrée, ovale-arrondie, à gorge blanche lavée, suivant les indi- vidus, d'une faible teinte bleuâtre ou rosée. Péristome peu aigu, muni intérieurement d'un bourrelet blanchâtre, faiblement évasé. Le bord columellaire, déprimé, com- primé sur la région ombilicale, est couvert d'une belle teinte noire pourprée qui s'étend sur toute la paroi aper- turale.

L'Hélix Magnettii habite la Sardaigne, à Cagliari (Can- traine); la Corse, à Bonifacio (Fabre!); le département du Var, aux environs de Toulon et de Saint-Cyr.

Hélix muralis.

Hélix muralis, Millier, Verm. hist., II, p. 14. 1774.

On distinguera l'Hélix muralis de ses congénères à sa

TRAVAUX INÉDITS. 17

coquille orbiculaire déprimée, mince, assez fragile, subo- paque ; à ses tours de spire convexes, à croissance irré- gulière, lente chez les premiers, rapide chez les derniers, à ses stries apparentes, inégales, crispées, ondulées, comme celles de Y H. aspersa, mais plus fortes; à ses tu- bercules saillants, serrés, arrondis, comprimés et nette- ment circonscrits, ce qui rend la coquille rude au tou- cher; à sa spire médiocre, mamelonnée, convexe, à sommet petit, obtus ; enfin à la carène obscure de son dernier tour.

L'Hélix muralis a souvent été confondu avec les autres espèces du même groupe ; quelques auteurs, comme Can- traine (t), ont décrit sous ce nom la Serpentina : c'est à elle qu'il faut rapporter la fig. 231 a de Y Iconographie de Rossmassler ; la fig. 8, pi. vin de Y Enumeratio rnoll. Sici- liœ de Philippi ; la fig. 10, pi. n de Ylllustrazione sislem. crit., etc., dei Testacei estr. Sicilia de Benoit. La figure 230 de Y Iconographie précitée appartient à 17/. globularis ZiegL, et la fig. 1re de la planche v de Y Histoire des Moll. de la France, de l'honorable abbé Dupuy, appartient à Y Hélix orgonensis, Phil. (2).

Hélix abromia.

Hélix abromia, Iïourguignat, mss.

Testa imperforata, depressa, supra subconvexo-planata, infra de- presso-convexa. sattenui, solidiuscula , opaca, nitidula, costulis et tuberculis minimis, confertis, linearibus ornala, maculisque rufis fulguratis marmorata; spira convexiuscula, depressa, apiceoliva- ceo, sub lente paululum crispato, obtuso; anfraetibus 4-5 de presso-convexiusculis, subregulariter crescentibus, sutura sat im- pressa separatis, ultimo maguo depresso-rotuudato, ad aperturam

(1) Malacologie littor. et méditer., p. 109.

(2) Hélix orgonensis, ï'hilbert, in Moq. Tand., Eut. Moll. France, p. 143. Hélix undulala, Michaud, compl., 1831 non Fér.

2e série, t. xx. Année 1868. 2

18 kev. et MAG. de zoologie. [Janvier 18G8.)

noo dilatato ac paululum deflexo; apertura obliqua, lunala, late ovato-rotundata, iDtus pallidc rufo-tincta; peristomate albo, expan- siusculo, subincrassato; margine columellari paululum reflexo, ad basiu roseo maculato. Haut., 7 mill.; diam., 11 mill.

Coquille imperforée, déprimée, assez mince, solide, opaque, un peu luisante, couverte, en dessus, de mar- brures brunes ou rougeatres disposées en zigzag et de stries irrégulières assez serrées, entre lesquelles appa- raissent de petits tubercules linéaires comprimés, très- serrés, visibles seulement à la loupe, unicolore en des- sous; spire un peu surbaissée, à sommet olivâtre très- faiblement crispé, obtus ; 4 à 5 tours de spire un peu convexes, croissant assez régulièrement, séparés par une suture assez apparente, le dernier grand, arrondi, com- primé, non dilaté vers l'ouverture, mais s'infléchissant un peu; ouverture oblique, échancrée, largement ovale-ar- rondie , à gorge d'un brun rouge; péristome blanc, évasé, un peu épaissi; bord columellaire taché de rose à la base.

Celte jolie coquille habite la Lombardie.

Hélix orgonensis.

Hélix orgonensis, Philbert, in Moq. Tand., Hisl. MolL France, II, p. 143, 1855.

Hélix undulata, Michand, Complément, p. 22, pi. xiv, fig. 10, 1831 (non Férussac).

Testa imperforata, depressa, supra plauata, vel planato-convexa, albida, strigis, niaculisque undulatis longitudinaliter fusco-marmo- rata ; subtus uuicolor ; costulato-striata ac tuberculis miuimis, ob- soletis, ornuta ; spira subconvexiuscula, apice fusco, obtuso, sub lente paululum striato; anfractibus 5 convexis, irrégularité!- (primi lente, ultimi celerrime) cresceutibus; sutura impressa separa- tis; ultimo maximo, rotundato, in loco umbilicali inflato, ad aper- turain regulariter, rapideque descendeute ; apertura obliqua, lu- nata, ovato-rotuudata, intus purpurascente; peristomate albo, ex- panso reflexoque, subiucrassato ; margine columellari adpresso, ad basin roseo-tincto.

TRAVAUX INÉDITS. 19

L'Hélix orgonensis habite en Fiance, aux environs d'Or- gon (Var) ; c'est à elle que se rapporte la fig. l,e 6, c de l'Histoire des Mollusques de la France de l'honorable abbé Dupuy.

Hélix abr^ea.

Hélix abraea, Bourguignat, mss.

Testa obtecte imperforata, depressa, teuuissime slriala ac costulis irregularibus ornata, solida, crassiuscula, supra cioereo-albida, ma- culis et punctis violacois marmorata, subtus unicolore olivaceo : spira parum coavexa, apice aculiusculo, striutulo, corueo, paululum iiitenle;— anfractibus 4-5 convcxo-depressis, irrejiulanter celeritrrquc (primi minimi rapide, caiteri magui celerrimej crescentibus, sutura impressa separatis, ultime- permaguo, compresso-rotundato, lente descendente ad iusertiouenique labri exterui subito deflexo, iu loco umbilicali inflato; apertura oblougo-ovata, luuata; peristomate acuto, leviter expauso, intus paululum iucrassato,albo-lutescente; margiue columellari dilatato, ad basiu pallide violaceo-tiucto; fauce rufo-purpurasceute. Haut., 9-10 mill.; diam., 14-17 mill.

Coquille imperforée, déprimée, peu épaisse, assez so- lide, d'un cendré blanchâtre, couverte, en dessus, de marbrures et de taches ponctiformes violacées, unicolore en dessous : ornée de stries très-fines et de petites côtes irrégulièrement espacées, assez apparentes. Spire peu convexe, à sommet un peu aigu, faiblement strié, corné, peu luisant; r* à 5 tours de spire, déprimés-convexes, à croissance irrégulière, rapide chez les premiers, très-ac- célérée chez les derniers, séparés par une suture bien marquée, le dernier très-grand, comprimé, arrondi, fai» blement descendant et subitement infléchi à sa termi- naison, enflé versla région ombilicale. Ouverture oblongue- ovale, échancrée; péristome aigu, un peu évasé, faible- ment épaissi, d'un blanc jaunâtre; bord columellaire taché de violet pâle à sa base. Gorge d'un brun rouge intense.

L Hélix abrœa habite la Lombardie.

20 kev. et mag. de zoologie. (Janvier 1868.)

Hélix substrigata.

Hélix substrigata, Bourguignat, mss.

Testa obtecte perforât,!, depressa, rude costis irregularibusstrigis- que ac tuberculis minimissubquadratis,compressis, paululum acu- tis, ornata; opaca, non nilente, subsolida, cinerea, nigro-purpuras- ceute maculata; spira convexiuscula; apice subacuto, eorneo- lœvigato; aut'ractibus 5-5 1/2 depresso-couvexis , irregulariter (primi sat lente regulariterque, cseteri celerrime) crescentibus, su- tura impressa separalis;— ultimo inaximo, compresso, obscure cari- nato, sensim ac regulariter desceudeute, ad iusertiouernque labri ex- terni valde deflexo, in loco umbilicali paululum inflato; apertura luuata, oblique ovata; peristomate acutissimo, breviter reflexo, albo, intus sublabiato; margine columellari late dilatato, umbilicum te- geute, ad basin violaceo-eioerascente tincto; fauce intense rubro- pruiuosa. Haut., 9 mill.; diam., 18 mill.

Coquille subperforée, déprimée, couverte de stries grossières et de petits tubercules de forme quadrangu- laire comprimés, un peu aigus, opaque, mate, peu solide, de couleur cendrée, et tachée, entre les stries, de brun rougeâtre. Spire un peu convexe à sommet aigu, corné, lisse; 5 à 5 1/2 tours de spire, à croissance irrégulière, lente chez les premiers et très-rapide chez les autres. Su- ture marquée ; dernier tour très-grand, comprimé, obscu- rément caréné, assez sensiblement descendant et brus- quement infléchi à sa terminaison; région ombilicale enflée. Ouverture échancrée, obliquement ovale. Péri- stomeaigu, légèrement réfléchi, blanc, muni intérieure- ment d'un faible bourrelet. Bord columellane dilaté , recouvrant l'ombilic, taché, à la base, de violet cendré. Gorge d'un violet intense.

L'Hélix substrigata habite la Sicile à Marsala.

Hélix umbrica.

Hélix umbrica, Charpentier, mss.

Testa mediocriter umbilicata , orbiculato-depressa , supra eou- vexo-mamillata, albido-lutescente, uitidiuscula, opaca, solida, costis

TRAVAUX INEDITS. 21

lamelliformibus ornata; spira convexiusculo-subdepressa ; apice obtuso, corneo-flavescente, laevigato; anfractibus 4-5 (primi re- gulariter, ultimus celerrirae) crescentibus, convexiusculo-depressis, sutura sat impressa separatis ; ultinio maximo, depresso, ad peri- phcriam obscure cariuato, lente descendente ac subito deflexo;— aper- tura obliqua, lunata, ovata, marginibus approxiniatis; peristoinatc acutiusculo, paululum expanso.albo, intus sublabiato, adumbilicum reflexo; margine columellari adpresso, paululum incrassato. Haut., 8 mill.; diam., 17 mill.

Coquille pourvue d'un ombilic médiocre, orbiculaire- déprimée, convexe, mamelonnée en dessus, d'un blanc jau- nâtre, un peu brillante, opaque, solide, couverte de petites côtes lamelliformes; spire subdéprimée-convexe, à sommet obtus, corné-jaunâtre, lisse; 4 à 5 tours de spire à croissance régulière chez les premiers, très-accé- lérée chez le dernier, déprimés-convexes, séparés par une suture marquée; le dernier très-grand, déprimé, ob- scurément caréné à son pourtour, à descendance lente et subitement défléchi à sa terminaison ; ouverture oblique, échancrée, ovale, à bords rapprochés ; péristome un peu aigu, un peu évasé, blanc, faiblement épaissi, réfléchi sur l'ombilic; bord columellaire comprimé.

L'Hélix umbrica habite le monte di Somma en Ombrie.

Hélix Ramburi. Hélix Ramburi, /. 3Iabille, mss.

Testa pervio-umbilicata, depressa, solida, opaca, nou nitente, albi- da, quaudoque fasciis obsoletis fuscis, oruata, irregulariter striato- costulata; —spira subeonvexo-depressa ; apice bruuueo, lajvigato, nitente, obtuso; aufraetibus 5-5 1/2 irregulariter (primi subcon- strieli lente, cœteri rapide) crescentibus, subdepressis, sutura im- pressa separatis; ultimo majore, rotundato, paululum descen- dente et ad aperturam parum dilatato; apertura obliqua, lunato- rotundata, marginibus subapproximatis; peristomate recto, subacuto- albo, incrassato. Haut., 9-10 mill.; diam., 3-4 mill.

Coquille pourvue d'une perforation ombilicale assez large, déprimée, solide, opaque, mate, de couleur blanche

22 këv. et fliAG. dh zoologie. (Janvier 1868.)

et quelquefois ornée de fascies brunes presque effacées; striée costulée; spire peu convexe, assez déprimée; sommet brun, transparent, brillant, lisse et obtus; 5 à 5 1/2 tours de spire, à croissance assez irrégulière ; lente chez les premiers qui sont un peu resserrés, elle devient très-ra- pide chez les deux derniers. Le dernier, très-grand, ar- rondi, à descendance faible, est un peu dilaté à sa terminaison; ouverture oblique, échancrée, arrondie, à bords faiblement rapprochés; péristome droit, à peine tranchant, blanc, épaissi.

Cette espèce appartient au groupe de VIL apicina Lamk. On la distingue de cette dernière à sa taille un peu plus grande, à la croissance de ses tours de spire, plus lents chez les premiers; à son sommet moins aplati ; à son ombilic moins ouvert; à l'absence complète de poils sur sa surface, etc. L'IIelixRantburi habite dans les prairies ar- tificielles, auprès d'Arcueil (Seine) et de Balancourt (Seine-et-Oise).

Cette espèce a été également recueillie auprès de Théodosie, en Crimée.

Hélix submontana.

Hélix Pascali, J. Mabille, olim.

Testa umbilicata, subgloboso-depressa, tenera, subfïagili, corneo- rufesceute, vel corneo-albescente, nitidula, striis irregularibus sat confertis, prœsertim ad suturas ac pilis raris oruata-, spira con- vexo-depressa; apico miuiino, corneo, nitente, Jaevigato, obtuso; aufractibus 5-.rt 1/2 subconvexiusculis, sat regulariter cresceutibus, ultimo niajusculo, nou descendente, compresso-rotundato, subtus subdepresso, sutura paruui impressa separatis; apertura obliqua, luuata, ovato-rotuudato; peristomate subrecto, acuto, albo labiato, margiue columellari ad umbilicum expausiusculo. Haut., 4-5 mil!.; diam., 9-9 1/2 raill.

Coquille subglobuleuse - déprimée, ombiliquée, peu épaisse, assez fragile, subtransparente, un peu brillante, d'un corné roux ou blanchâtre, couverte de stries irrégu-

TRAVAUX INÉDITS. 23

lières un peu serrées, assez apparentes et de quelques poils très-caducs; spire convexe-déprimée, à sommet petit, brillant, corné, lisse et obtus; 5 à 5 1/2 tours de spire, un peu convexes, à croissance assez régulière; der- nier tour un peu grand, non descendant, comprimé-ar- rondi et faiblement déprimé en dessous; suture peu marquée; ouverture oblique, échancrée, ovale-arrondie; péristome presque droit, tranchant, muni intérieurement d'un bourrelet blanc; bord columellaire un peu évasé sur l'ombilic.

Voisine de VHelix montana Charp., Vil. Pascali s'en distingue par ses stries, par ses poils, son ombilic, sa co- loration, etc. Cette espèce habite les lieux frais et mon- tucux de l'est de la France ; nous l'avons reçue de Saint- Amour (Jura) et de Bellegarde (Ain).

Hélix arenivaga. Hélix arenivaga, J. Mnbille, mss.

Testa umbilicata, orbiculato-depressa, solida, opaca, nitidula, al- besceute, vol rufesceute, quandoque maculis et litieis fuscis cincta, ac striis coufertis sat conspicuis oruata; spira subcouvexo- depressa; apice nitido, parvulo, lœvigato, castaoeo; anl'ractibus 6, regulariter ac celeritcr cresceutibus; ultime- maximo, obscure aogu lato, ad aperturam paululuin deflexo, infra planiusculo; sutura sa impressa separatis; apertura obliqua, lunata, ovato-rotundata , peristouiate recto, acuto, iutus albo labiato. Haut., 9-10 mill.; diam., 19-20 mill.

Coquille déprimée, solide, opaque, blanchâtre ou rous- sàtre, unicolore, quelquefois couverte de bandes brunes plus ou moins interrompues, irrégulièrement ornée de stries serrées et assez apparentes; spire assez convexe, à sommet petit, brun marron, composée de 5/6 tours peu convexes, séparés par une suture bien apparente: à crois sance régulière et rapide; dernier tour très-grand, médio crement convexe en dessus, très-obscurément caréné, un

24 rf.v. et MAfi. de zoologie. [Janvier 1868. )

peu aplati en dessous; ombilic médiocre, profond; ouver- ture ovale-arrondie, oblique, échancrée. Péristome droit, aigu, muni intérieurement d'un ou de deux bourrelets blancs, et souvent d'un troisième plus enfoncé; bord columellaire faiblement rejeté sur l'ombilic.

L' Hélix arenivaga habite la France méridionale, parti- culièrement à la Sainte-Beaume, aux gorges d'Ollioules (G. Le Mesle), à Nice (Dr Rambur), à Hyères,sur les bords du Gapau et à Toulon. Voisine de Yllelix arenarum Bourg. (1), la nôtre s'en distingue à sa coquille plus dépri- mée, sa spire moins convexe, son ombilic plus étroit, etc.

Hélix apalolena.

Nous pensons faire plaisir à nos amis et correspondants en donnant la description de cette belle espèce française» que vient de décrire notre ami M. Bourguignat dans sa viue décade des Mollusques nouveaux, etc. Prise, par tous les auteurs, pour une lactea, YHelix apalolena en diffère essentiellement par son test et ses caractères anatomiques.

Hélix apalolena, Bourguignat, Moll. nouv. (vme décade), p. 231, n°74, pi. xxxv, fig. 1-5.

Testa imperforata, plus minusve depresso-globosa, tenui, sat fra- gili, subpellucida, uiteote, sublaevigata, vel sub lente striis obliquis (validioribus cirea suturam) ac spiralibus obscure muuita; griseo- castanea, duabus vel tribus zouulis pallidioribus parum perspicuis circuruoruata et uudique passim lacteo-puuctata ; spira dcpressa, parum elevata, apice obtusa, nitida, laevigata ; aufractibus 5 con- vcxiusculis, celeriter regulariterque crescentibus, sutura parum im- pressa separatis ; ultimo rotundato uniformiter prope aperturam cas- laneoac sat subito valde desceodente; apertura obliqua, lunata, 'rausverse oblouga, iutus nitido-castaoea ; peristomate obtuso, cras- siusculo, patulo, intus albidulo ; margine eoluruellari recto, stricto,

(1) Hélix arenarum, Bourguignat, Malacologie algér., p. 23, pi. xxvu, fig. 1-9. 1864 ; espèce d'Algérie et de Sicile.

TRAVAUX INÉDITS. 25

non calloso; margiuibus tenuissimo callo castaueo junctis. Haut., 20-24 ; diam., 33-36 mill.

Habite depuis Barcelone, en Espagne, jusque dans le département de l'Aude, en France.

Histoire naturelle et médicale de la Ciiiql'k (liyncho- prion pénétrant, Okens), insecte parasite des régions tropicalesdes deux Amériques. Par M. Guyon, docteur- médecin, correspondant de l'Académie des sciences, etc. Suite.Voir1865, p. 295; 1866, p. 64, 111, 326, 359; 1867, p. 7, 276, 324.

Le voyageur que nous avons nommé plus haut, Robert Tomson, parle de cas de mort par suite d'accidents de Chiques. Selon lui, en effet, plusieurs hommes, sans doute du bâtiment sur lequel il était, seraient morts après des accidents de cette nature, à la prise de Porto-Rico, mais il laisse à désirer des détails sur cette fatale terminaison de la maladie. Tout ce qu'en dit le navigateur anglais se borne à quelques paroles placées à la marge du passage que nous avons rapporté, et que voici : « Plusieurs de nos « hommes moururent de ces vers (Chiques) à la prise de « Porto-Rico. » (Op. et loc. cit.)

A n'en point douter, la mort peut être la conséquence d'accidents ayant eu pour point de départ une Chique. Pareille mort se voit surtout après le tétanos, que la moindre imprudence peut faire naître, comme nous le verrons plus loin, chez des individus aux prises avec les premiers acci- dents produits par l'insecte. En dehors de cette cause de mort, chez des individus chiquetês, qu'on me passe cette expression (1), surgit celle due à l'intensité des phéno-

(1) L'expression échiquer a déjà cours dans la science. Levacher s'en sert lorsqu'il dit, parlant du traitement de l'affection connue

26 hev. et mag. de zoologie. (Janvier 1868.)

mènes inflammatoires occupant une plus ou moins grande étendue d'un membre, et qui aboutissent soit à la gan- grène ou au sphacèle de ce membre (obs.xi), soit seule- ment à la formation de foyers purulents, plus ou moins considérables, dans son intérieur. Ceux-ci, en s'étendant plus ou moins profondément, dénudent les os et peuvent, par un séjour prolongé du pus qu'ils renferment, donner lieu à une résorption purulente mortelle, à moins que l'art, en lui donnant issue, ne prévienne cette terminaison. On doit la supposer fréquente chez les peuplades indigènes nos connaissances chirurgicales n'ont pas encore pé- nétré. Quoi qu'il en soit, c'est à elle qu'il faut rapporter, selon nous, la plupart des cas de mort observés après des introductions de Chiques dans nos parties, en dehors de ceux dus aux tétanos, comme nous l'avons fait remarquer précédemment.

Nous parlions, plus haut, de l'action des corps parasi- taires, morts et en décomposition, sur les parties ils se sont développés, et avec lesquelles ils sont restés en rap- port. Cette action, sans qu'il soit besoin de le dire, est une action purement locale, mais peut-être n'est-elle pas la seule qu'ils soient en puissance de produire, et que, dans certaines circonstances, ils peuvent exercer aussi une action générale, comme corps ou matière putréfiée et toxique par conséquent, à l'instar de toute autre matière animale également en décomposition, et appliquée sur une surface dénudée et enflammée, comme l'est celle se trouvent des Chiques dans le cas que nous avons en vue. Ici, toutefois, les faits manquent absolument.

Le voyageur que nous citions plus haut, Alcide d'Or- bigny, parle de victimes que la Chique ferait quelquefois parmi les enfants du peuple, parle fait de l'incurie de

sous le nom de crabe, « qu'il faut avoir soin, préalablement, de « faire ('chiquer les malades. » Les Chiques, on effet, compliquent presque toujours cette affection, à la production de laquelle elles pourraient même n'être pas étrangères.

TRAVAUX INÉDITS. 27

leurs parents. « On cite des exemples, heureusement très- rares, dit le voyageur, de tels d'entre eux qui ont péri victimes de l'incurie de leurs parents. » Il ajoute que ceux qui guérissent se reconnaissent toujours à leurs pieds et à leur démarche, et qu'on leur donne le nom de Patugos, ou mieux, Pata gorda , comme nous l'avons l'ait remar- quer précédemment.

On lit, dans une description de la Guyane espagnole, par un voyageur dont le nom m'échappe: « On a vu des « nègres et autres individus perdre le pied et même « mourir, pour avoir négligé de se taire extraire des « Chiques. »

De son côté, le capitaine Sledman , après avoir dit que des malades, par suite d'accidents de Chiques, ont été forcés de subir des amputations, ajoute que d'autres en sont morts [Op. et lac. cit.). Sledman voyageait dans la Guyane hollandaise.

Gumilla (Joseph), de la compagnie de Jésus et supérieur des missions de l'Orénoque, dit que: « 11 arriva desCana- « ries à la Guyane, en 1720, quelques familles dont la plus « grande partie mourut pour avoir négligé de se tirer « leurs Chiques. » (Histoire naturelle, civile et géographique de l'